FOUDRES est une trilogie. Un cycle. Un nouveau cycle qui commence, puisqu’à l’image du collectif qui se renouvelle, nous renouvelons notre engagement à travailler ensemble pour les cinq années à venir sur la malédiction des Atrides, qui se déclinera en 3 épisodes :
EPISODE 1 – IPHIGENIE
EPISODE 2 – CLYTEMNESTRE
EPISODE 3 – LES ERINYES
Les Atrides, c’est la malédiction qui pèse sur la descendance d’Atrée, lui-même descendant de Tantale et Pélops, et qui a fait manger à son frère Thyeste ses propres enfants pour se venger d’avoir tenté de lui prendre le trône de Mycènes ainsi que de lui avoir volé son épouse. Atrée a deux fils : Ménélas (roi de Sparte, qui va déclarer la guerre à Troie et veut récupérer sa femme Hélène) et Agamemnon (roi de Mycènes, qui aidera son frère dans son belliqueux projet). Et c’est de là que va démarrer notre histoire : pour partir à Troie, Agamemnon va devoir sacrifier sa fille Iphigénie car il a offensé la déesse Artémis en proclamant qu’il était meilleur chasseur qu’elle. Pour que les vents reprennent et que les bateaux puissent partir, Agamemnon va tuer la chair de sa chair, Iphigénie, sous les yeux de sa mère Clytemnestre.
Puis, dix ans plus tard, Agamemnon reviendra de la guerre, attendu par son épouse sur les marches du palais. Celle-ci l’assassinera à son tour, pour venger le crime commis sur sa fille. Clytemnestre sera alors tuée elle aussi, des années plus tard, par ses enfants Oreste et Electre, sur qui elle lancera les Érinyes, créatures persécutrices venues du Tartare pour venger les crimes. La malédiction des Atrides ne prendra fin que lors du procès d’Oreste, orchestré par Athéna, qui décidera de l’acquitter et de faire des Érinyes les divinités protectrices d’Athènes.
Cette grande histoire constitue le terreau commun de notre travail collectif. Les trois épisodes de cette saga seront traversés par les mêmes thématiques : la vengeance, le sacrifice, le sacré, le sort (que l’on pourrait aussi appeler « déterminisme divin »), l’amour, la guerre, les injonctions, l’honneur et la violence. Qu’est-ce-qui nous pousse à nous venger ? Est-ce une malédiction vieille de centaines d’années ou au contraire des ressorts profondément humains ? Et comment y échapper dans des histoires où des dieux et des déesses jouent avec la moindre de nos actions, et où les paroles des oracles constituent le libre arbitre des humains ? Comment des enjeux qui nous dépassent peuvent encore résonner en nous ?
ÉPISODE 1 – IPHIGÉNIE
Iphigénie, fille d’Agamemnon (roi de Mycènes) et de Clytemnestre, est appelée par son père à le rejoindre à Aulis pour se fiancer avec Achille. En vérité, Agamemnon se prépare pour attaquer la ville de Troie. Les bateaux sont prêts à partir, mais il n’y a pas assez de vent pour les porter en mer. Artémis, consultée par l’Oracle à propos de ce départ impossible, assure que les vents souffleront à nouveau et que la victoire lui sera promise si Agamemnon accepte de sacrifier sa fille Iphigénie. Celle-ci arrive alors à Aulis avec sa mère Clytemnestre, croyant épouser Achille, et apprend les véritables intentions de son père. Elle prend cet appel des dieux comme un devoir et accepte son destin. Clytemnestre et Achille, eux, accusent Agamemnon de tuer sa fille sans remords. Alors qu’Iphigénie est prête à s’abandonner au sacrifice, Artémis la sauve au dernier instant.
Au cours de nos discussions avec Chloé Titli, Doctoresse en études Grecques et professeure Agrégé, nous en sommes venu.es à nous dire que l’acceptation d’Iphigénie quand à son sacrifice n’allait pas de soi. Bien qu’en fonction des versions, son discours change et prend appui sur différents arguments, Iphigénie accepte très vite son sort. Les personnages qui gravitent autour d’elle traversent des épisodes de rébellions, même s’ils sont temporaires, mais Iphigénie, elle, ne se rebelle pas. Qu’est-ce que son consentement à son sacrifice dit de sa place, de ce qu’elle représente dans la société, de ce qui est attendu d’elle, de la perspective des auteurs exclusivement masculins et de ce qu’ils choisissent, en écrivant à son sujet, de valoriser en elle ?
Ces réflexions s’insèrent dans de plus larges questionnements qui sous-tendent notre spectacle. Que nous raconte cette idée, présente dans l’imaginaire collectif depuis les mythes fondateurs, du sacrifice comme moyen de transaction acceptable ? Dans une société, planétaire ou intimiste, que faire de nos besoins primaires de violence et de justice ? A-t-on besoin des dieux pour les prendre en charge (et cela suffit-il) ?
Mise en scène et jeu Jules Jacquet, Louise Maurice, Delphine Meilland, Laurène Nouvellon
création lumière, construction décor Jean-Baptiste Cadeau
consultante en civilisation et dramaturgie grecque antique Chloé Titli
Production Collectif Le Poulpe
Soutiens Aide à la résidence – Service Culturel de Saint-Cyr sur Loire (37), Agglomération Montargoise, Théâtre Beaumarchais Amboise, Compagnie Loba à Angers.
Co-productions Le Luisant (18), en cours …
22 Avril 2027 – 19:00 [ SORTIE DE RESIDENCE ]
Théâtre Beaumarchais, Amboise (37)
3 Février 2026 – 13:30 et 15:30 [ MAQUETTE ]
Salle Trivoli, Montargis (45)
22 oct 2025 – 11:00 et 14:00 [ MAQUETTE ]
Salle Rabelais de Saint-Cyr-sur-Loire (37)
23 oct 2025 – 11:00 et 14:00 [ MAQUETTE ]
Salle Rabelais de Saint-Cyr-sur-Loire (37)
photos ©M[Art]ha / www.m-artha.com