RÊVE AVEC REVOLVER

d’après deux textes de Lola Arias

 

création 2021

C’est l’histoire de deux voix. Une voix féminine et une voix masculine. Deux voix se font entendre dans l’obscurité. On les entend mais on ne les voit pas. Elles parlent de leur vie, ce qui leur est arrivé avant. Mais elles discutent aussi de leur rencontre, ce soir, comment et pourquoi. Des questions qui font qu’elles sont obligées de se répondre. Peu à peu le monde extérieur surgit à l’intérieur. Leur vie se précise, se confronte, se casse, se violente. Entre vie et rêve, quel choix peut-on faire, si ce n’est celui de dire les mots à cette autre voix.
Tout se passe dans un lit, dans un futur indéfini. ELLE et LUI se sont rencontrés dans un bar dansant ce soir même. ELLE a voulu aller chez LUI pour faire l’amour. C’est ELLE qui commence le jeu de paroles, elle entend un bruit provenant de l’appartement du dessus.

Le texte de Lola Arias est un texte de théâtre. En lisant cette pièce, m’est tout de suite venu un questionnement sur la forme cinématographique, en effet ce texte pourrait être un scénario de film ou de série. Ma réflexion s’est axée dans cette direction, comment par un texte de théâtre nous pouvions faire ressortir une esthétique et un jeu plutôt cinématographique ?
Des images me venaient en tête, des films de David Lynch – Blue Velvet, Lost Highway -, de Gregg Araki – The Doom Generation -, mais aussi des films expressionnistes allemands des années 1930 et de vieux documentaires de Raymond Depardon. Avec ces images j’entendais des sons des musiques d’un futur passé. Ce qui m’a tout de suite plu avec ce texte c’était la présence d’un extérieur qui ne se voyait jamais, le son prenait alors son importance. Tout passe par des mots souvent anodins qui révèlent la nature profonde de nos deux protagonistes, le besoin de se faire aimer par un autre. L’onirisme fin et réaliste du texte m’a permis d’imaginer un glissement entre réalité et rêve tout en restant dans la même histoire, comme le fait si bien David Lynch dans ses films. Ce qui me plaisait aussi était le fait que les personnages ne sortaient jamais de scène, ils sont toujours en vie, en jeu.
Une violence sous-entendue est présente, on ne sait pas ce qui va se passer, j’aime cette tension entre amour – dégoût – violence physique et mentale. Nous assistons au début d’une histoire d’amour qui n’a pas d’avenir.

Avec ce deuxième projet, 1128_Jacotte continue ses recherches sur la sexualité, l’amour et la déviance. Nous sommes dans un futur proche, à Buenos Aires. Les deux personnages de l’histoire que nous avons choisi de raconter, n’ont a priori rien à faire dans le même lit ce soir là. Ils se sont rencontrés par accident. Chacun se met à nu ne sachant pas vraiment si tout cela est vrai ou pas. Nous voulons disséquer la relation entre les deux personnages enfermés dans une chambre. L’extérieur est présent, il s’entend mais il ne se voit pas. Nous ne voulons pas réécrire l’histoire mais invoquer l’imaginaire de chacun. La proximité du public va permettre de raconter l’histoire sous l’angle du détail. L’oeil du spectateur devient une caméra. Il pourra promener ses yeux sur le corps des deux personnages, sur cette chambre où il manque des murs. Nous ne voulons pas de profondeur de champs, pas décor, le vide autour sera noir. Nous voulons laisser une grande place à la boîte noire du plateau de théâtre pour indiquer aussi qu’il n’y a pas de moyen de sortir de cet espace, le reste est dans l’ombre. Le reste s’imagine.

En Résidence
du 27 novembre au 3 décembre 2017 au 37ème Parallèle, Tours 
du 8 au 12 janvier 2018 à Thélème, Université François Rabelais, Tours
Création prévue pour 2021-202

 

Conception, dramaturgie et mise en scène : 
Nicolas Spina

Jeux : 
Cécile Carbonel
Nicolas Spina

Musiques:
Camille Pierron, Pauline Bourguère, Clément Desbordes

Lumières:
Paul Berthomé

Sons:
Alexandre Hulak

Regard extérieur:
Maëlle Koenig

Oreille extérieure:
Romain Noël